Journée organisée par l’UPBPF
“Intimité du corps Espace intime Secret de soi”
avec pour invitée
Catherine Potel
Samedi 9 MAI 2009
A L’Institut d’Enseignement Supérieur Catholique de Gilly (Charleroi)
Résumé
Le corps dit des choses que les mots ne peuvent dire. Le corps parle ce qui n’effleure pas encore à la conscience. Le corps dit l’indicible, le non dit, le non symbolisé encore.
Le corps ex-prime ce qui n’est encore qu’ébauche d’impression.
Nous en sommes bien convaincus, nous psychomotriciens qui regardons le corps avant d’écouter les mots.
Je vais, à partir de la question de l’intimité du corps et de sa construction, aborder ce qui dans la clinique nous interroge tout le temps. Que dit ce corps qui montre tant de choses qui ne sont jamais traduisibles telles quelles ? Que montre ce corps dans ces mises en symptômes visibles « comme un nez au milieu de la figure » - si souvent salutaires pour le patient mais aussi très invalidants pour lui – que nous ne pouvons que constater (dans un bilan par exemple) et qui ne prendront sens ( peut-être ! ) que dans l’histoire reconstituée ou construite au pas à pas du travail thérapeutique.
L’histoire de Sophia – par laquelle je terminerai- nous plonge dans ces questionnements qui, dans ce cas bien précis, sont vécus séance après séance par moi avec perplexité et parfois, je dois bien le dire, beaucoup de découragement, étant donné le peu de mobilité de cet enfant inhibé, muet, incapable de choix et d’expression du moindre désir. Ce n’est qu’un an après l’arrêt de la thérapie que j’aurai le fin mot de l’histoire. Ou peut-être ferais-je mieux de dire… le premier mot d’une histoire à écrire, ensemble, Sophia et moi.
Le corps est-il cette malle au secret nécessaire au sujet pour maintenir à tout prix sa continuité d’être soi ?