-Emplois: Pénurie de psychomotriciens…

Des milliers de postes vacants dans la rééducation et l’appareillage

Manuel Jardinaud

Vieillissement de la population et dépendance, prise en charge plus précoce d’enfants souffrant de handicap: les besoins sont bien là mais restent difficiles à chiffrer précisément.

Plan Alzheimer en 2007, loi handicap et plan santé mentale en 2005, loi pour l’autonomie des personnes âgées en 2004 … Les pouvoirs publics veulent répondre à l’évolution démographique de la France: d’ici à 2015, le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans va passer d’un à deux millions. Avec, comme conséquences, une augmentation des maladies dégénératives et, donc, une nécessité de prendre en charge les personnes dépendantes dans des institutions ou à leur domicile.

Logiquement, les professions paramédicales de la rééducation et de la réadaptation, parfois de l’appareillage, connaîtront une demande croissante dans les années à venir. Ainsi, durant la présentation du Plan Alzheimer, “le président Nicolas Sarkozy a cité huit fois le terme psychomotricien“, remarque Yannick Thomas, président du Syndicat national d’union des psychomotriciens (SNUP), alors que la “profession était encore quasi inconnue il y a dix ans“. Le texte prévoit notamment l’intervention d’un psychomotricien ou d’un ergothérapeute pour effectuer “un diagnostic du logement pour mieux organiser l’espace de vie des malades“. La loi handicap, elle, fait la part belle aux masseurs-kinésithérapeutes, ergothérapeutes et orthophonistes.

Les besoins existent. Dans la branche sanitaire, sociale et médico-sociale (560 600 salariés s’occupant de personnes âgées ou souffrant de handicap, de la protection de l’enfance et de l’insertion), l’Observatoire prospectif des métiers et des qualifications créé en 2005 a finalisé une enquête “Emploi” début 2008. Les ergothérapeutes et les psychomotriciens comptent parmi les huit métiers qualifiés de “plus dynamiques“, c’est-à-dire dont les effectifs ont le plus augmenté. 34 % des établissements déclarent avoir des difficultés à recruter des orthophonistes et 45 % des kinésithérapeutes. Pour ces derniers “les emplois sont vacants de façon structurelle“.

Au sein de l’hôpital public, sur 150 métiers pratiqués, 32 sont considérés comme “difficiles à pourvoir” par la direction de l’hospitalisation du ministère de la Santé. Et en 17e position se trouvent les masseurs-kinésithérapeutes – dont la moyenne d’âge avoisine les 43 ans – et les ergothérapeutes – dont plus de 60 % pratiquent déjà au sein des hôpitaux. Si le nombre de personnels de rééducation a augmenté de 2,4 % entre 1997 et 2005 dans les hôpitaux publics et privés, cette évolution reste donc insuffisante. Pourtant, nul à la Direction de l’hospitalisation n’a pu fournir la moindre donnée précise sur le manque de professionnels, préférant insister sur la pénurie – réelle aussi – d’infirmières. Donnant ainsi l’image que, malgré les plans et discours, la rééducation et la réadaptation sont encore loin d’être une priorité pour l’hôpital public …

origine de l’article sur leParisien.fr

Une réponse to this post.

  1. Posted by Meyer-Heine/Lefevre on juin 1, 2008 at 5:51

    Bon article. Il est vrai que notre profession dynamique, et évolutive, est de plus en plus connue et reconnue dans le secteur de la santé et du grand public. Auxiliaire de médecine, nous intervenons à tous les âges de la vie, en prophylaxie, éducation, rééducation et thérapie.
    L’utilisation du médiateur corporel est enfin vu comme un outil “intéressant”.
    Malheureusement, la reconnaissance de notre travail et la possibilité de voir nos actes remboursés, pour nos patients, par la sécurité sociale, reste … à faire!

    Répondre

Répondre à cet article