-Article: Agressivité – Dr Richard E. Tremblay

 

 

Dr Richard E. Tremblay. Photo: Rémy Boily

Le Dr Richard E. Tremblay, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le développement de l’enfant, est reconnu sur la scène internationale pour ses travaux d’avant-garde sur la socialisation des enfants et la prévention de la violence. Son incroyable ouverture d’esprit et son acuité auront permis que bien des préjugés soient balayés. Aujourd’hui, le prix Léon-Gérin vient souligner son immense travail de recherche, prix qu’il tient à partager aussitôt avec ceux, très nombreux, qui ont participé à ses recherches.

 

Il y a près de trente ans, le Dr Richard E. Tremblay a amorcé ses études sur les phénomènes de violence et d’agressivité. En premier lieu, il s’est intéressé aux adultes ayant manifesté de tels comportements, soit des personnes incarcérées. Le souci de prévenir de tels débordements le tenaille aussitôt. «Je me demandais dans quelle mesure, en intervenant auprès d’adolescents, il était possible d’enrayer la transition vers la criminalité adulte et les problèmes de santé mentale.» Cependant, il se rend très rapidement compte du peu de résultats obtenus. Il remonte alors le fil du temps, ce qui le mène à l’enfance. «Mais déjà, à la maternelle, les enfants présentaient de nombreux problèmes comportementaux. Cela m’a convaincu qu’il se passait quelque chose dès la petite enfance.» Les problèmes d’agressivité peuvent prendre leur source dès les premiers instants de la vie, c’est-à-dire déjà durant la grossesse.

Apprendre à devenir pacifique

Ce retour en arrière permettra au Dr Richard E. Tremblay de faire éclater un préjugé tenace voulant que les enfants apprennent au cours de leur développement à devenir violents ou à agresser. De ce fait, les recherches consacrées à cette problématique achoppaient sur la question du quand et du comment les enfants apprennent à agresser. Il opérera un complet changement de paradigme en se penchant non plus sur les modalités et le moment où les enfants feraient cet apprentissage de la violence, mais au contraire sur le quand et le comment ils apprennent à ne pas agresser.

«Les enfants naissent avec cette tendance à l’agressivité, parce que, comme il y a trois mille ans, ils arrivent au monde prêts à survivre dans la jungle. Ils ne savent pas dans quel type de société ils voient le jour.» C’est donc l’environnement, surtout l’environnement familial, qui permettra à l’enfant de comprendre quelles autres tactiques sont à sa disposition en lieu et place des comportements agressifs.

Il expérimente également des interventions préventives qui donneront lieu, entre autres, à un programme consacré aux jeunes enfants perturbateurs à l’école maternelle, programme dont les impacts peuvent être relevés dans de nombreux pays. Le Dr Richard E. Tremblay cite en guise d’exemple un programme intensif qui conjugue trois interventions autour d’un même enfant. «Des visites à domicile sont réalisées afin [de former] les parents aux habiletés parentales. En parallèle, un autre niveau d’action vise à apprendre aux enseignants à mieux gérer les enfants qui présentent ce genre de problème, et enfin on intervient également auprès de l’enfant pour un entraînement aux habiletés sociales.» Le même principe est appliqué durant la grossesse auprès de femmes présentant de hauts risques d’avoir des enfants à problèmes. Des infirmières les rencontrent et centrent leurs interventions sur l’alimentation, la consommation de tabac et d’alcool et sur les événements facteurs de stress pour la future mère.

La période de le petite enfance est primordiale pour l’avenir des enfants. Il est donc vital de répondre de façon satisfaisante à leurs besoins sociaux et affectifs. Tel est l’objectif que n’a jamais cessé de poursuivre le Dr Richard E. Tremblay

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Une réponse to this post.

  1. Posted by Maria G. Rincon-Robi on octobre 8, 2008 at 3:36

    M. Richard E. Tremblay, Je viens de lire votre livre “Prévenir la violence…”et je le trouve très pertinent. Je suis psychologue scolaire et auteur d’un livre appelé “L’enfant souffre-douleur”. Ce que je retiens le plus est la capacite des enfants de utiliser l’agression physique dès que l’environnement le permet, la solicite, la soutient ou l’exige. Merci de votre travail et ne vous découragez pas. Les Français ne regardent que leur nombril.

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