Conférence de Boris CYRULNIK à Liège
…
“Corps et âmes,
comment la manière d’aimer façonne notre cerveau”
…
Mardi 27 février 2007 à 20h15
au Palais des Congrès de Liège
…
Organisation : Les Grandes Conférences Liégeoises (Ville de Liège et Université de Liège),
en collaboration avec le CHU de Liège (renseignements: 04/221 93 74)
Réservations : à partir du 14/02/2007
à l’Office du Tourisme (04/221 92 21)
ou Belle-île (04/341 34 13)
ou sur le site www.gclg.be
RESERVATION VIVEMENT CONSEILLEE
…
———————————————————————————————————–
…
APPRENDRE A ETRE HEUREUX – Boris CYRULNIK
Le Nouvel Obs N°2187 Risquer le malheur pour être heureux.
…
A l’occasion de la parution de son livre “De chair et d’âme” – Odile Jacob- Boris CYRULNIK, le célèbre neuropsychiatre, qui a écrit de nombreux essais sur la résilience (voir sur Wikipedia, sur Agora, l’article de Serge Tisseron – Le Monde diplomatique, ou quelques articles en anglais), nous offre une interview dans le dossier du NOUVEL OBSERVATEUR sur la connaissance de soi pour vivre en harmonie.
Un extrait de cet entretien avec Claude WEILL:
Nous autres humains avons la possibilité , ayant identifié une ou des causes de notre malheur, de les affronter ou de les fuir. Les personnes émotionnellement fragiles se sécuriseront en cherchant la routine (…). D’autres rechercheront des situations de stress (…). Par essai-erreur, on finit par découvrir ce qu’on veut et ce qu’on vaut. Nous avons toutes sortes de procédés à disposition pour combattre le malheur : l’action, le travail, le risque, l’affection, le sport, le mariage, l’amitié, les petits stress qui maintiennent éveillés. J’ajouterai la mentalisation, c’est à dire le fait d’aller chercher dans mon passé des souvenirs qui constituent ma mémoire autobiographique. En les mettant en mots, je donne forme à cette représentation. (…) Si je suis seul avec mon récit, je peux m’enfermer dans la rumination, (…) et l’on voit alors s’allumer la zone de souffrance. C’est ce que font les déprimés. (…) En revanche, le fait de me décentrer de moi, de mettre mes souvenirs en mots pour les raconter à un autre (…) provoque un soulagement.(…)
Les souffrances morales sont traitées par la même zone du cerveau que les douleurs physiques. (…) Nos catégories mentales nous donnent à penser que le bonheur est le contraire du malheur. Mais les mots malheur et bonheur ne sont que des représentations, des sensations. Ils ne désignent pas des réalités objectives. C’est notre perception du monde qui lui donne un goût de bonheur et de malheur. Une même situation me rendra heureux ou malheureux selon mon système de représentation.(…) Il faut souffrir pour être heureux. La suppression de tout malheur créerait un sentiment de vacuité, de non vie.(…)
Pour trouver le bonheur, il faut risquer le malheur. Ou plutôt : si vous voulez être heureux, ne cherchez pas à fuir le malheur à tout prix, mais cherchez comment, et grâce à qui vous allez pouvoir surmonter le malheur. (…) Dans les pays en guerre, la famille est le lieu du bonheur par excellence, un havre de paix. En temps ordinaire, on finit par y étouffer. (…) Avec la paix, on a vu resurgir les conflits familiaux.(…) Si j’ai dans mon monde mental un seul modèle, je suis prisonnier. En sécurité, mais prisonnier. Je ne pense plus, je récite. Je suis mort psychiquement. A l’inverse, si je n’ai pas de modèle, je suis confus, je ne sais pas qui je suis. Je vais dans tous les sens, je gaspille mon énergie et je me blesse. Entre les deux, il y a Michel FOUCAULT (voir l’article sur Wikipedia) : “tout modèle est nécessaire et abusif”. J’ai besoin d’un système de pensée, d’une culture, et j’ai besoin de la critiquer. A ce moment-là, je sais qui je suis et où je vais. J’ai assez d’étayage pour être sécurisé, mais je ne suis pas enfermé. Je suis vivant.(…)
Si je n’ai pas de base de sécurité, je suis condamné à l’errance et à l’anxiété. Si je reste tout le temps près de ma base de sécurité, je suis bien, mais je m’engourdis. Pour avoir une vie psychique, j’ai besoin de ce couple d’opposés : la base affective qui me sécurise et le monde étrange qui me stimule.(…)
La meilleure métaphore de l’existence, c’est sans doute celle qu’a proposée Anna Freud en comparant la vie à une partie d’échecs : les premiers coups sont très importants, mais tant que la partie n’est pas terminée, il reste de jolis coups à jouer …
Trouvé sur Utopie(s)
—————————————–
…
Le nouveau livre de Boris Cyrulnik
De chair et d’âme
…
” On peut découvrir en soi, et autour de soi, les moyens qui permettent de revenir à la vie et d’aller de l’avant
tout en gardant la mémoire de sa blessure. Les chemins de vie se situent sur une crête étroite, entre toutes les formes de vulnérabilité. Etre invulnérable voudrait dire impossible à blesser. La seule protection consiste à éviter les chocs qui détruisent autant qu’à éviter de trop s’en protéger. Chaque âge possède sa force et sa faiblesse et les moments non blessés de l’existence s’expliquent par notre capacité à maîtriser, voire à surmonter, ce qui, en nous, relève, dans un constant remaniement, du biologique, de l’affectif et de l’environnement social et culturel. Le bonheur n’est jamais pur. Pourquoi faut-il que, si souvent, une bouffée de bonheur provoque l’angoisse de le perdre? Sans souffrance, pourrait-on aimer? Sans angoisse et sans perte affective, aurait-on besoin de sécurité? Le monde serait fade et nous n’aurions peut-être pas le goût d’y vivre. “
Ce livre fonde une nouvelle biologie de l’attachement. Il explique pourquoi, pour chacun d’entre nous, la vie est une conquête permanente, jamais fixée d’avance. Ni nos gènes ni notre milieu d’origine ne nous interdisent d’évoluer. Tout reste possible. Un message d’espoir, plein de tendresse et d’humanité.
Extrait du livre :
Peut-on se passer de religion ?
Commençons par le plus facile. Dieu, par définition, nous dépasse. Les religions, non. Elles sont humaines – trop humaines, diront certains -, et comme telles accessibles à la connaissance et à la critique.
Dieu, s’il existe, est transcendant. Les religions font partie de l’histoire, de la société, du monde (elles sont immanentes).
Dieu est réputé parfait. Aucune religion ne saurait l’être.
L’existence de Dieu est douteuse (ce sera l’objet de notre deuxième chapitre). Celle des religions ne l’est pas. Les questions qui se posent, à propos de ces dernières, sont donc moins ontologiques que sociologiques ou existentielles : il ne s’agit pas de savoir si les religions existent (elles donnent parfois le sentiment, hélas, qu’elles n’existent que trop !), mais ce qu’elles sont, et si l’on peut s’en passer. C’est surtout cette dernière question qui m’importe. Mais on ne peut y répondre sans aborder, ne serait-ce que brièvement, la première.
La notion est tellement vaste, tellement hétérogène, qu’il est difficile d’en donner une définition tout à fait satisfaisante. Quoi de commun entre le chamanisme et le bouddhisme, entre l’animisme et le judaïsme, entre le taoïsme et l’islam, entre le confucianisme et le christianisme ? Peut-être a-t-on tort d’utiliser le même mot de «religion» dans tous ces cas ? Je ne suis pas loin de le penser. Plusieurs de ces croyances, notamment orientales, me semblent constituer un mélange de spiritualité, de morale et de philosophie, plutôt qu’une religion, au sens où nous prenons ordinairement le mot en Occident. Elles portent moins sur Dieu que sur l’homme ou sur la nature. Elles relèvent moins de la foi que de la méditation ; leurs pratiques sont moins des rites que des exercices ou des exigences ; leurs adeptes forment moins des Eglises que des écoles de vie ou de sagesse. C’est le cas spécialement du bouddhisme, du taoïsme ou du confucianisme, du moins dans leur forme pure ou purifiée, je veux dire indépendamment des superstitions qui, en tout pays, viennent s’ajouter au corps de la doctrine, jusqu’à la rendre parfois méconnaissable. On a parlé à leur propos de religions athées ou agnostiques. L’expression, pour paradoxale qu’elle semble à nos oreilles d’Occidentaux, n’est pas sans quelque pertinence. Bouddha, Lao-tseu ou Confucius ne sont pas des dieux, ni ne se réclament d’aucune divinité, d’aucune révélation, d’aucun Créateur personnel ou transcendant. Ce ne sont que des hommes libres, ou libérés : ce ne sont que des sages ou des maîtres spirituels.
Trouvé sur le site de la FNAC
Pour écouter Boris Cyrulnik
—————————–
…
Suppléments
…
Pour quelques articles et interview de Boris Cyrulnik,
cliquez ici sur le site Encyclopédie de l’Agora,
ou sur le site de l’educspe
Merci à Anne Terlinden pour l’info.
…
…

Posted by Anne on décembre 17, 2006 at 5:25
Une émission radio, un matin, un thème interressant : ah ça ce serait bien pour le site de Claude ! …
… info transmise et voilà que l’info a fait des p’tits
merci pour tous ces liens super interessants,
et si quelques-uns voulaient se retrouver à la conférence ?
qu’on se le dise, par mail, il peut s’échanger tant de choses.
Anne
Posted by Danielle Bertola on décembre 28, 2006 at 4:33
En lisant la partie relative aux lésions du cerveau (en particulier celle où vous parlez de cécité) je me suis rappelée une expérience de C. Castaneda dans laquelle cet anthropologue “voyait” sa voiture puis perdait la vision de sa voiture. Serait-ce possible qu’il ait été lésé momentanément (peut-être par l’absorption de mescaline ou autre drogue)? Son allégation “accès à la conscience du côté gauche” correspond-elle à un support neurobiologique?
Posted by Walter on avril 27, 2008 at 5:45
Si je me fie à l’extrait « Peut-on se passer de religion ? », M. Cyrulnik semble avoir épuisé sa mine d’idées. Il reprend, presque mot pour mot, l’argumentaire d’André Comte-Sponville, publié en 2006, sous le titre de « L’esprit de l’athéisme » (Albin Michel, 2006). Un plagiat décevant, d’autant que Cyrulnik nous avait habitué à une pensée originale.